Auchan, parce que je le vaux bien…

Publié le par Obiezian

Vous faites tous les courses, moi aussi…
Dans le brouhaha et la folie ambiante de ces après-midi en grande surface, nous ne prenons pas de recul, par manque de lucidité, ou tout simplement par manque de temps.
Rassurez-vous, rien que pour vous, moi, je l'ai fait.
 
Cela donne le post suivant, chronique d'une plongée dans l'univers apocalyptique du rayonnage de ce centre commercial, où comment malgré nous, nous sommes les héros solitaires de l'Odyssée des temps modernes. Remplaçant avantageusement les Gorgones par des personnes du troisième âge papotant nonchalamment en travers des rayons, ou imaginant les Sirènes, qui dans la version mythologique entraînaient les marins vers les fonds abyssaux, remplacées dans notre réalité par des starlettes non moins envoûtantes, prêtes à vous faire déguster le moindre morceau de jambon fumé ou de pâté de campagne bon marché, et ce, dès 09h00 du matin.
           
Dans un monde où l'individualisme a remplacé les valeurs d'entraide et de soutien, notons qu'au détour d'un rayon, le brave "courseux" sera toujours enclin à prêter main forte à son congénère, surtout pour lui mettre en travers du visage (la main en question), pour une question de non respect des distances de sécurité intra-rayonnaire ou tout simplement de partage équitable des derniers lots promotionnels de paquets de café, targuant chacun son tour que, "si Môôôôssieur, je l'avais vu avant vous la promo -15%"...
 
Mais commençons par le commencement…
L'évangile selon Saint Leclerc,
 
La Genèse :
 
Au début était le parking, et dans ce parking, la place de l'Elu (vous savez, celle qui est à mi-chemin entre l'entrée du centre commercial, l'emplacement des chariots et la sortie dudit parking… Estimons donc que nous sommes en veine : il suffit de repérer la place libre, de traverser les trois allées qui nous en séparent à la vitesse de 80 miles à l'heure, brancher le vecteur spatiotemporel et au prix d'un magnifique dérapage au frein à main, griller sur le fil le bon père de famille qui était en train de manœuvrer tranquillement pour montrer à sa femme ébahie et à ses enfants émerveillés, comment papa faisait une belle marche arrière…
Trop tard, tout comme le girafon qui s'est éloigné du troupeau, la voiture familiale est seule et sans défense dans la jungle des grands parkings commerciaux… Vous descendez victorieux de votre bolide, et vous hâtez vers la longue file de caddies, fouillant dans vos poches pour retrouver le "Jeton", ce passe magique qui vous ouvrira tout grands les bras du bonheur, tout masculin, de pouvoir pousser le chariot dans les allées.
 
Ah oui, il est évident que le premier que vous prenez, a une roue cassé, le second a les deux roues bloquées, le troisième a servi de poubelle au rayon Légumes et mon tout, fait que vous demandez à la personne qui ramène le sien de bien vouloir vous vendre son jeton en plastique "fnac" pour deux euros, parce que, bien sûr, vous n'avez pas de monnaie.
 
Livre Premier :
Livre de la jungle – évangile selon Saint Marc (ménage)
Au début était l'entrée… Entendons nous bien, après ces premières péripéties, votre pouls est déjà à 160 et vous avez la tension artérielle d'un cochon qui se trouve à 80 centimètres de la sanibroyeuse-machine à saucisses dans laquelle il va héroïquement finir ses jours… Mais déjà, une nouvelle épreuve vous attend : l'entrée. Première chose, la fouille des sacs, c'est rigolo, on se croirait à l'aéroport, ou au stade, sauf que là, vous vous sentez plus légionnaire sacrifié que VIP attendant sa place en Class Affair. Rien à déclarer, signaler, vous avez votre sésame…
Vous êtes enfin entré, Allelujah, et vous vous dirigez vers le rayon des produits d'entretien… Parce que quoi qu'il arrive, c'est un passage obligé, de toutes courses, de tous temps, qui de la lessive, qui des éponges "qui gratte(nt) d'un côté et qui nettoie(nt) de l'autre", à la fibre naturelle de Yack femelle du Tibet oriental, ou tressées laine de pétrole raffiné…
            C'est LA jungle, pour nous, hommes, qui serons bousculés par la MDMD50 (ménagère de moins de 50 ans), écrasés par un troupeau de retraitées envieuses d'en découdre pour être la première à acheter la nouvelle poubelle de table en vraie corde de jute comme au bon vieux temps… Et vous, nous, passons parmi tout ça à la recherche du sac poubelle triple épaisseur avec poignée incorporée, sac de 30 litres, ben oui, parce que le 20 litres il est trop petit pour entrer dans la poubelle-vache que votre moitié a acheté chez Ikea, toute fière de décorer la cuisine aux gaies couleurs de la Normandie (frigo-vache, tasses avec les pis en relief, planche à découper "meuh" etc…)
 
Livre Dernier :
Livre des ombres – évangile selon Saint Thomas (te)
 
Si vous avez survécu à la rencontre avec Georgette et Simone, vous pouvez maintenant vous diriger fièrement vers un autre Haut lieu dangereux, le rayon "fruits et légumes".
Alors je ne vous ferai pas l'affront de vous demander si vous connaissez par cœur le nom de tous les légumes que vous pourrez y trouver, mais sachez notamment que :
Les cœurs de bœuf, ne sont pas à chercher à la boucherie…
Non, les oignons, les cèbes et les cébettes, ce n'est pas la même chose…
Les tomates-cerises n'ont pas de noyau…
La mâche est bien une salade… comme la roquette…
Et oui, on s'en fout que la tomate soit un fruit, c'est du côté légumes, arrête de chipoter…
Il vous faudra faire le "bon" choix. Un avocat mûrit dans le frigo, alors ne prenez pas ceux qui sont trop mous, vous allez vous faire enguirlander.
Voilà, vous avez la serpillière autonettoyante, les éponges en peau de yack retourné, les tomates cœur de cerise de bœuf et la scarole frisée (frisée, l’es-tu ?)…
Quelques yaourts à 0% pour accompagner les tripoux et direction les caisses…
 
Du purgatoire vers le paradis, en passant par… l’enfer des caisses…
L’enfer, c’est les autres, surtout si les autres c’est Georgette, qui, après avoir payé ses courses en pièce de 5 anciens francs, brandissant le dépliant qui dit que « jusqu’à demain, vous pouvez ramener vos francs ,on les prend… ».
Après avoir payé (et être passé trois fois pour un voleur, vous avez la carte bleue de Loulou, la carte pass de la belle-mère et la carte cofinoga-carrefour-darty du beau-père, mais bien sûr, tout ça sans les codes confidentiels…) vous rangez fébrilement votre chariot, n’attendant qu’une seule chose, vous asseoir dans votre voiture et oublier tout ça pour une semaine…
 
Sauf qu’en arrivant sur le parking, vous vous rendez compte qu’un assassin a rayé tout le côté gauche de la voiture en se garant… Vous croyiez être sauvé, vous ne vous étiez pas énervé, et là, Loulou, se contente d’un « elle y était cette marque, tout à l’heure… »
 

Publié dans Réflexions

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